Lunch avec À l’Ouest

Rencontre avec...

Entretien avec Jérémie Cousin, réalisateur de À l’Ouest

Comment est née l’idée de ce court métrage sur les rapports père-enfant, le divorce et les épreuves de la vie ?
Je voulais faire un film sur le manque de communication dans la famille et les problèmes que cela peut engendrer. Mes parents sont divorcés et tout le monde va bien aujourd’hui mais je pense qu’on a tous souffert d’un manque de communication et que ça nous aurait fait du bien de plus se parler au moment où ça n’allait pas trop. J’ai aussi fait pas mal de croisière en voilier avec ma famille et j’ai remarqué qu’avec les épreuves de la mer on finissait toujours par être soi-même et qu’importe ce que l’on avait à cacher, la vérité éclatait toujours en mer. J’ai donc naturellement mêlé le bateau et la famille pour raconter l’histoire d’un père et de ses fils sur un voilier qui traversent une terrible épreuve de crise familiale.

La tonalité d’À l’Ouest est presque tragi-comique. C’était important pour vous, de traiter ces thématiques avec une pointe de légèreté ?
Oui, malgré le thème tragique je voulais faire un film agréable à regarder avec des personnages qui nous fassent sourire et relativiser un peu sur la situation.

Quelques mots sur la technique d’animation utilisée ?
J’ai choisi la 2D numérique qui me permet de travailler par couches successives : je travaillais d’abord le mouvement des personnages avec des formes abstraites très simples. Et, quand le mouvement global me semblait satisfaisant je rajoutais tous les détails pour rendre les personnages réalistes, en terminant par les visages et une couche d’ombre pour leur donner du volume.

Quelles sont vos œuvres de référence ?
J’ai regardé pas mal de films qui se passent à bord de voiliers, mais c’est le film Liberté-Oléron de Bruno Podalydès qui m’a le plus inspiré, surtout pour le côté comédie. J’ai voulu lui faire un clin d’œil avec la scène du fils qui se jette à l’eau. Sinon je m’intéresse beaucoup à l’écriture de scénario et La Dramaturgie de Yves Lavandier m’a été bien utile pour écrire cette petite histoire.

Y a-t-il des libertés que le format court métrage vous a apportées ?
Le format de quatre minutes m’a permis de sélectionner le cœur de l’histoire et d’épurer un maximum les actions pour aller à l’essentiel : le film commence directement sur le bateau qui percute un rocher. Ce format, très court, m’a aussi permis de voir si j’étais capable d’animer un film avec des personnages humains qui dialoguent dans un décor qui bouge tout le temps. J’ai aussi pu expérimenter une technique et style graphique nouveau que je n’aurais peut-être pas osé tester sur un film plus long.

Pour voir À l’Ouest, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F10 et à la séance scolaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *