Dîner avec Kohannia (Amour suprême)

Rencontre avec...

Entretien avec Mykyta Lyskov, réalisateur de Kohannia (Amour suprême)

Pouvez-vous expliquer le titre Kohannia ?
« Kohannia » (Кохання) est un mot purement ukrainien. Il désigne un lien très étroit et sincère entre des personnes, très proche de l’amour mais dans un sens plus profond. Il était donc difficile de trouver un équivalent de « kohannia » en anglais, et je me suis rabattu sur « deep love ».

Votre court métrage montre beaucoup de situations surréalistes. Est-ce parce que vous souhaitez que le spectateur puisse interpréter le film à sa manière ?
J’aime le surréalisme en animation car on peut le lire de différentes façons. Et le spectateur va avoir envie de voir le film plusieurs fois, d’en discuter avec quelqu’un d’autre, ou de regarder sur Google. J’ignore le sens exact de certaines scènes. Comme le spectateur, j’aime les interpréter de façon subjective, à ma manière.

Les sacs plastiques semblent incarner certains aspects de la vie dans l’Ukraine d’aujourd’hui. Que symbolisent-ils ? L’aveuglement ? Les questions environnementales ?
J’aime beaucoup René Magritte et particulièrement sa représentation du baiser, c’est sans doute ce tableau qui m’a donné l’idée de mettre des sacs plastiques sur la tête des gens, avec un côté plus moderne, donc. La question du plastique concerne le monde entier à présent, et elle est particulièrement pertinente en Ukraine car nous n’avons toujours pas de système de tri des déchets. Dans le film, les emballages sur la tête peuvent aussi symboliser l’amour aveugle.

Y a-t-il des libertés que le format court métrage vous a apportées ?
Ce qui est bien dans le format court, c’est qu’il peut être truffé de gags et d’une multitude d’informations. Une telle saturation me semble inimaginable dans un long métrage, cela finirait par insupporter et ennuyer le spectateur.

Quelles sont vos références cinématographiques ?
Naturellement, ma référence principale, c’est l’animateur estonien Priit Pärn et son Déjeuner sur l’herbe. Je pense que ce que l’Estonie a connu dans les années 1990, c’est au tour de l’Ukraine de le vivre (rejet de l’influence soviétique, de la façon de penser soviétique). Phil Mulloy est aussi un de mes héros, ses films d’une grande simplicité mais si francs, si intrépides m’ont beaucoup influencé, tout en m’apportant un regard nouveau sur les possibilités de l’animation.

Pour voir Kohannia (Amour suprême) rendez-vous aux séances du programme I5 de la compétition internationale.

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