Goûter avec Important Police Shit (Histoires de flics)

Rencontre avec...

Entretien avec Andrew Betzer, réalisateur de Important Police Shit (Histoires de flics)

Pouvez-vous expliquer le titre ?
Le titre est censé évoquer le jargon de la police. Un terme que seuls les policiers utiliseraient, en l’occurrence pour désigner les droits qu’ils apprennent et les épreuves qu’ils passent durant leur formation. C’est une expression inventée, mais je trouve qu’elle fait très authentique. Je suis même étonné qu’elle n’existe pas déjà. Je voulais aussi que le titre du film exprime l’urgence. Je crois qu’il y parvient, c’est un titre très vivant.

Quels sont les éléments véridiques du film ? Dans quelle mesure se rapproche-t-on du documentaire ?
Le film est une fiction inspirée de faits réels. La plupart des acteurs avaient fait l’armée ou la police. Ils ont apporté des suggestions au fur et à mesure, ce qui a affiné l’exactitude et le réalisme du film. Le film n’aurait pas été ce qu’il est sans la contribution des acteurs. Le fait qu’on le prenne souvent pour un documentaire est un beau compliment. C’est un documentaire dans le sens où on a créé une véritable école de police au fil du tournage. On retrouvait cette camaraderie, ces souffrances et cet esprit de compétition entre les élèves officiers… La plupart des épreuves étaient bien réelles, ils ne faisaient pas souvent semblant. Le film est véridique dans le sens où l’abus de pouvoir est chose commune au sein des institutions.

Quelles recherches avez-vous effectuées ?
À vrai dire, l’histoire aurait pu avoir pour cadre n’importe quelle institution. L’école de police n’est qu’un exemple typique. Il s’agit d’un abus de pouvoir dans un milieu clos. En ce qui concerne mes recherches, j’ai lu beaucoup d’articles et visionné de nombreuses vidéos sur YouTube. J’ai lu des choses sur diverses actions en justice intentées par des femmes victimes soit de harcèlement sexuel, soit de discrimination ou de violences lors de leur formation. Internet regorge de vidéos montrant l’entraînement des policiers, et j’en ai vu des tonnes. Certaines sont très maîtrisées, très officielles, et d’autres sont prises sur le vif et peuvent être très choquantes. En les regardant, j’ai pu me faire une idée de ce que doit être la « journée d’enfer ». Ensuite, j’ai agrémenté les scènes d’entraînement de quelques détails étranges issus de mon imagination ou de l’immense contribution des acteurs durant le tournage.

(Attention, spoiler !) Pourquoi la femme est-elle traitée différemment ?
En faisant ce film, je voulais que le scénario mette en avant les méthodes insidieuses que les coupables emploient pour isoler la victime et la faire douter d’elle. Je voulais aussi montrer le trouble de Mlle Forchet lorsqu’elle comprend que son parcours d’officier de police va être semé de bien plus d’embûches que celui de ses homologues masculins.

Quels sont les sujets que vous souhaitez traiter à l’avenir dans vos films ?
Mon prochain film sera un long métrage. C’est un road-movie sur un père et son fils qui sont hors-la-loi. Lorsque le père disparaît, le fils doit s’habituer à une vie bien moins rigolote.

Y a-t-il des libertés que le format court métrage vous a apportées ?
Oui ! Il m’a permis de continuer à faire des films sans me soucier des finances et du temps dont je dispose… très peu de l’un et de l’autre, dans la plupart des cas. Il est très libérateur de pouvoir faire passer un message ou exprimer ses pensées en tant qu’artiste sans forcément y passer des années entières de sa vie et un fric de dingue.

Pour voir Important Police Shit (Histoires de flics), rendez-vous aux séances du programme I2 de la compétition internationale.

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