Goûter avec Da Yie (Bonne nuit)

Rencontre avec...

Entretien avec Anthony Nti, réalisateur de Da Yie (Bonne nuit)

Pourquoi avoir choisi ce titre ?
« Da Yie », qui signifie « bonne nuit » en twi, a un double sens dans notre film. Premièrement, c’est la manière universelle de se dire au revoir au moment du coucher. Ce sont les derniers mots que s’échangent les personnages qui, malgré cette mésaventure traumatisante qui aurait pu mal finir, se souhaitent de bonnes choses. Ils savent que la vie continue. Deuxièmement, les personnages rentrent chez eux sains et saufs. Au sens propre, la nuit a été « bonne ».

Le film est-il inspiré d’une histoire vraie ? Comment avez-vous mené vos recherches ?
L’histoire est un mélange d’événements qui me sont arrivés et d’histoires que j’ai entendues. Nous avons beaucoup lu sur le sujet. On peut tous s’identifier à cette proximité du danger quand on est enfant.

Connaissez-vous bien cette partie du Ghana ? Aimeriez-vous raconter d’autres histoires qui se passent dans cette région ?
J’y ai habité quand j’étais petit, et cet endroit continue à m’inspirer. Mon deuxième court métrage, Kwaku (2014), a été aussi tourné au Ghana, et il a également été projeté pour la première fois à Clermont-Ferrand (Regards d’Afrique). Oui, j’ai bien d’autres histoires à raconter au Ghana, c’est un lieu que je porte dans mon cœur, et où il y a plein de gens talentueux avec qui j’aimerais collaborer à l’avenir.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le processus de coproduction entre la Belgique et le Ghana ?
C’était intéressant, car nous avons décidé de nous autoproduire. Nous avons réuni une petite équipe belge (directeur de la photo, premier assistant opérateur, ingé son) qui était prête à faire l’effort de venir avec nous au Ghana. Sur place, ma famille nous a aidés au maximum. C’était agréable de voir des professionnels travailler avec des acteurs non-professionnels. Tout le monde se serrait les coudes. Comme une petite famille.

Y a-t-il des œuvres ou des films qui vous ont inspiré ?
La première scène est un hommage à La cité de Dieu, un film qui m’a donné envie de faire des études de cinéma. Mais d’autres influences se sont immiscées dans mon travail, comme Les bêtes du sud sauvage ou ce grand film sur le passage à l’âge adulte, Fresh de Boaz Yakin. Je me suis aussi inspiré du travail du photographe nigérian Emeka Okereke.

 Y a-t-il des libertés que le format court métrage vous a apportées ?
Le film est autoproduit, ce qui nous a donné la liberté de faire à notre guise. Nous nous sommes intéressés à ce qu’il était possible de raconter dans un temps très court. Nous sommes allés au maximum de nos capacités pour raconter l’histoire qu’on voulait raconter, en travaillant avec qui on voulait.

Pour voir Da Yie (Bonne nuit), rendez-vous aux séances du programme I14 de la compétition internationale.

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