Critique à emporter #2 : « A Single Life » (I12) – Scratch my life!

Critique à emporter

A SINGLE LIFE

Job ROGGEVEEN, Joris OPRINS, Marieke BLAAUW

Pays-bas / 2014 / 00:02:15

 

Dans la catégorie des « très courts » sélectionnés cette année, A single life fait figure d’exemple en matière d’efficacité narrative. En seulement 2’15″, cette animation burlesque du trio hollandais Job, Joris et Marieke nous met face au destin d’une jeune femme dont la vie bascule le jour où elle reçoit un mystérieux vinyle.

Car le vinyle a priori banal, se révèle avoir d’autres fonctions que celui de simple support musical. En le jouant, la jeune femme se rend compte que le disque lui permet de voyager dans le temps. Une simple saute de lecture devient ainsi une saute dans le temps : la pizza qu’elle tenait dans sa main est grignotée mais se régénère si le disque est joué en arrière. Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans un voyage temporel et se transformer en djette quantique !

Et tant pis si la musique mélancolique nous faisait plutôt miroiter un voyage dans le passé, façon Marty McFly. Le personnage préfère en effet l’exploration du futur. Un futur pas si réjouissant, où on la voit évoluer définitivement seule, même si un bambin semble annoncer un tournant. Mais c’est justement avec cette naissance, provoquée en accélérant le vinyle que les choses se gâtent. La jeune Maman, pas vraiment prête, tente de retourner en arrière, entre la part de pizza et la grossesse. Mais une erreur de rewind l’amènera bien loin de sa pause déjeuner…

L’ensemble des situations se passe en huis clos, dans l’appartement. Les décors et l’animation de synthèse, bien que très simples, sont soignés et colorés. Côté humour, le burlesque s’entrevoit lors des sautes de lecture, qui empêchent notre personnage de maîtriser à nouveau le temps. Les chutes sont nombreuses et les obstacles de plus en plus difficiles à surmonter, provoquant plusieurs gags de répétition et de comique de geste.

À la fin de ce grand mix, on aura un peu du mal à applaudir la performance de la jeune djette tant son destin est réduit en cendre en l’espace d’un instant. Morale de l’histoire : en voulant toujours aller plus vite, on risque de tout perdre. Heureusement, vu la réussite du film, il semble que les réalisateurs, eux, aient pris leur temps.

 

Pour voir A Single Life, rendez-vous aux séances de la Compétition Internationale I12 et du programme Scolaire.

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