Clap sur le court métrage

Atelier d'écriture Exclusif
Séance scolaire © Sauve qui peut le court métrage, Baptiste Chanat

Quand je regarde ma ville durant la semaine du court métrage, j’y vois tant de choses, de créativité, de beauté et de bonheur.
J’y vois plus de couleurs, de projecteurs, d’illustrateurs, de la presse écrite et des médias qui tournent à plein régime. J’y vois des cinéphiles passionnés, des curieux emportés dans la vague de l’événement, des intermittents du spectacle au travail, des petites mains bénévoles toutes aussi indispensables pour faire naître et vivre le festival dans toute la ville et dans une logistique d’enfer. J’y vois une grosse organisation en amont bien sûr, des mois de visionnage, une sélection rigoureuse de films courts venus du monde entier. J’y vois une ruche très animée de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et un pays à l’honneur chaque année, des séances d’ouverture et de clôture quasi inaccessibles.
Le festival, c’est du son, des concerts, des soirées festives pour conduire les noctambules jusqu’au bout de la nuit. Ce sont des programmes adaptés à tous les publics, des coups de cœur que l’on partage ou que l’on garde pour soi. Ce sont des longues files d’attente, par tous les temps sur les trottoirs, les gens qui se bousculent dans les halls et les escaliers pour avoir la meilleure place assise. Aucun autre événement ne déplace autant de monde ! L’affluence est record chaque année. Quand arrive le clap de fin, c’est un bonheur géant qui fait face aux spectateurs, de l’émotion et de l’adrénaline communicatives sous des tonnerres d’applaudissements mérités.
Sur la semaine du Festival, la ville bouge, s’active, s’invente, se multiplie, se superpose, et pas forcément aux goûts de tout le monde.
Quand il fait froid ou vent dehors, il y a d’autres plaisirs gustatifs à s’approprier : des soupes faites maison, des grillades et des frites, des hot-dogs au fumet mêlé, du vin chaud, du café ou de la bière sur fond de bonne humeur ! Des trains de foule vont et viennent sans cesse. Toute la ville y trouve son compte. Les rames du tramway sont bondées de jour comme de nuit et là, c’est plutôt la galère ! Au dernier passage, « Maison de la culture » , la longue chenille sur pneu ouvre toutes ses portes sur des festivaliers fatigués et heureux de rentrer. Elle emporte tant bien que mal, quartiers sud ou quartiers nord, des derniers voyageurs. Demain sera un autre jour, mais après… une courte nuit.
Quand le festival est fini, regain d’énergie pour les petites mains travailleuses. Tout se démonte et se range et repart dans les coffres, les camions et les entrepôts. Ce n’est pas une mince affaire mais tout se fait dans la satisfaction d’une édition encore bien remplie. Le corps est fatigué, les pieds sont meurtris et il y a tant de sommeil à récupérer ! Vu de mon œil extérieur, ça donne du stress, presque le vertige ! C’est éphémère mais intense, c’est plus d’éclat au jour, de la vie à l’obscurité des nuits, des temps forts, un voyage extraordinaire sur fond d’écrans. Quand le talent et l’ambition émergent de toutes parts, et qu’ils se posent en Auvergne, la ville se doit de préserver l’aura qu’ils dégagent, cette culture et cette vitalité exceptionnelles. Tout le monde doit y trouver sa place, créateurs, professionnels et spectateurs, dans ce monument du 7e art , si court soit-il ! Et vive la 40e édition !

Martine Venuat

 


Exclusif était un journal trimestriel écrit par les membres d’une action d’insertion, disparu en 2016. Ces textes sont issus d’un atelier d’écriture proposé par l’équipe de rédaction du journal au cours de l’année 2016-2017. La thématique était « Comment percevez-vous la ville, votre ville pendant le festival du court métrage ? ».

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